Vincent Eschmann Photography / 2020

COVID-19 / MARAUDE

Cette crise révèle également un autre malaise bien plus profond, celui de la précarité latente dont sont victime un trop grand nombre d’individus. Après deux semaines seulement de paralysie économique, les banques alimentaires ont vu défiler de nouveaux demandeurs. Familles, retraités, étudiants, ces foyers qui en temps normal ont du mal à finir le mois et à joindre les deux bouts ont vu leur situation se dégrader rapidement, trop rapidement ! Les cagnottes lychees de solidarités ont remplacées une protection sociale à bout de souffle. La générosité individuelle compense le manque de soutiens de nos gouvernements.
Est ce normal dans une grande puissance économique comme la France, que des citoyens peuvent basculer aussi facilement dans la misère. La solidarité est une chose merveilleuse, mais des leviers étatiques devraient être en place avant d’appeler la population à mettre la main aux portes monnaies. L’argent est là et la richesse crée, mais le ruissèlement promis rencontre beaucoup trop d’obstacles en chemin pour ne laisser au final que de misérables goutes.

Délaisser des passants quotidiens et des touristes, nos rues désertes ont révélées un grand nombre de mal logés. Ces oubliés du capitalisme nous apparaissent aujourd’hui comme une évidence, alors qu’il est si facile de les oublier en temps normal.